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Soldat de 1ere Class Georges CARTERON


Biographie :

Source (Photos et Documents) :
- Mr Jean-Claude CARTERON, neveu de Georges CARTERON


Georges Albert CARTERON est né le 20 Octobre 1917 à Lyon, 2ieme arrondissement. Il sera par la suite appelé Georgie.

Le 31 Juillet 1930, Georges obtient son certificat d'Etudes Primaires. Agé de 15 ans, il est engagé comme apprenti le 21 Janvier 1932 au Salon de Coiffure "Delrieux" situé au 3 rue Bonnand à Lyon pour y apprendre son futur métier. Il quitte ce prmeier employeur le 8 Mai 1933.

Georges rejoint ensuite le Salon de Coiffure "Gabier", rue de Montplaisir à Lyon. Il y restera du 12 Septembre 1933 au 7 Octobre 1934.

Il travaillera un temps au Salon "Monnier" à Macon, du 1 Avril au 15 Juin 1934, en parallèle, semble-t'il, de son emploi au Salon "Gabier"

A la mobilisation, il est affecté le 1 novembre 1939, comme soldat de 1er Classe, au GAO 586.

Cette unité, créée à Tunis le 1er Mai 1937 sous le nom de "GAR 586" (Groupe Aérien Régional), prend sa dénomination finale "GAO 586" le 1er Janvier 1938. L'Escadrille est commandée par le Capitaine PENICAUT, remplacé par le Capitaine DODELIER en Mai 1940. Le GAO 586 est implanté sur la Base Aérienne d'EL-AOUINA (Tunisie), base commandée par le Commandant FARGE. L'insigne de l'unité, présent sur les appareils, est un Flamant Blanc aux ailes bordées de rouge et de bleu sur un croissant rouge fermé.

Georges CARTERON souhaitait ardemment devenir mitrailleur naviguant à bord des appareils du Groupe. Il avait donc demandé au Capitaine Dodelier, son chef d'escadrille, l'autorisation d'intégrer un équipage.Le 8 Mai 1940, celui-ci lui accorda une place au poste de mitrailleur arrière à bord du Potez 630 n°43 partant pour un vol d'entrainement.

Mais pour des raisons inconnues, l'appareil, pourtant piloté par un pilote chevronné, percuta le sol à près de 400 km/h alors qu'i effectuait un vol rasant... Georges CARTERON survécut miraculeusement au choc, mais décéda dans l'ambulance qui l'emmenait à l'hopital. Il avait 22 ans...

Georges CARTERON est inhumé au cimetière de Borjel, à Tunis. Le 28 Mai 1968, sa sépulture est transféré dans la nécropole militaire de Gammarth, qui regroupe les militaires décédés pendant les différents conflits en Tunisie.


Récit de l'accident du 8 Mai 1940 par le Capitaine Dodelier et le Commandant FARGE :

Extrait du courrier du commandant FARGE à Mr CARTERON Auguste, le père de Georges

"Le Chef d'Escadrille de votre fils, le Capitaine PENICAUT a du s'absenter en raison des évènements actuels. Dès son retour, je lui demanderai de vous donner des détails sur le malheureux accidentet les derniers moments de votre enfant.Je puis déjà vous assurer qu'il n'a pas semblé souffrir et que, presque miraculeusement, dans ce formidable choc à 400 kilomètres à l'heure, il n'a été nullement mutilé, alors que ses camarades, l'Adjudant-Chef GUEDET, pilote et le Sergent-Chef BERNARD mécanicien, tués sur le coup, ont subi les atteintes de l'explosion du carburant. Votre fils est décédé en arrivant à l'hopital Militaire quelques minutes après l'accident qui s'est produit non loin du terrain d'aviation d'El-Aouina. L'accident lui-même est encore inexpliqué, on croit à une faute de pilotage à basse alitude, pourtant le pilote comptait près de 4000 heures de vol."


 
Extrait du courrier du Capitaine DODELIER à Mme CARTERON, la mère de Georges
(Le Capitaine Dodelier sera abattu au cours d'une mission le 9 septembre 1940 en Ethiopie

"L'accident tel qu'il s'est passé, je ne puis le raconter mieux que la capitaine Pénicaut l'a fait dans son discours d'adieu aux obsèques des malheureuses victimes. Je vous l'envoie avec cette lettre, et j'y joins également les Citations que le Général à établies à la suite de l'accident.
Vous y lirez que votre fils a été dégagé par un camarade. Placé derrière les autres passagers, il avait subi un choc un peu amorti quoique terrible, et il vivait encore. Avant que l'ambulance ne soit arrivée, on lui a entendu dire : " je ne suis pas mort … " Il n'avait pas l'air de souffrir, la secousse lui en ayant probablement enlevé la possibilité. Son visage était calme, ses traits détendus ; quand la voiture d'ambulance l'a emporté, accompagné de notre aumônier, nous avons même espéré le voir survivre. Mais il aurait fallu un miracle. Cet état dans lequel il ne semblait pas souffrir était une sorte de coma, résultant de la violence du choc, et à l'arrivée à l'hôpital, tout était fini."

"Vous vous étonnez que votre fils se soit trouvé en avion ; mais vous devez comprendre l'attirance qu'une arme comme l'aviation devait exercer sur un caractère ouvert, franc et sportif comme celui de Georges ; il désirait devenir mitrailleur en avion et avait demandé à voler. Je lui avais procuré une place dans l'avion, et je le verrai et l'entendrai toujours me disant, dans un grand sourire de joie " Merci, mon Capitaine ! " pendant qu'il courait chercher des vêtements de vol. Soyez donc sure, Madame, que les derniers moments dont votre fils ait eu conscience ont été des moments heureux et que le pauvre garçon n'a pas eu le temps de se rendre compte de ce qui lui arrivait, avant d'être précipité de la satisfaction dans la demi-inconscience sans souffrance qui a précédé de peu sa mort."

 


Citation :
9 Mai 1940
Ordre Général n°II : Citation à l'Ordre du Commandement des Forces Aériennes de Tunisie
Le Général GASTIN Commandant les forces Aériennes de Tunisie cite à l'ordre du Commandant des F.A.T les militaires dont les noms suivent :

Soldat de 1ere Classe CARTERON Georges du G.A.O 586

Excellent soldat aide-mécanicien passionné d'aviation. Désirait vivement être admis dans le personnel navigant comme mitrailleur
A trouvé la mort en service aérien le 8 Mai 1940 au cours d'un vol d'accoutumance